
"J'ai toujours peint et dessiné et je suis allé aux Beaux Arts à 9 ans. Mon travail vient plutôt plutôt des "gribouillis" de l'école que du travail aux Beaux-Arts. J'étais un élève plutôt moyen. Besoin de peindre. Ce sont des hommes qui m'ont amené à peindre. Difficile de citer des noms, je crois qu'on le voit dans ma peinture des fois. En gros, j'essaie dêtre un expressionniste des années 80."
"Je suis d'une famille de 6 enfants, mon père était ouvrier, et ma mère faisait des ménages. Je suis allé au lycée jusqu'à 17 ans, puis je suis rentré aux Beaux Arts de Sète pendant un an, puis ensuite aux Beaux Arts de Montpellier où j'ai passé cinq ans, j'y suis resté jusqu'au diplôme. C'est pendant les trois dernières années que j'ai commencé mes premiers travaux qui allaient devenir ce qu'on a appelé plus tard "la figuration libre". Les professeurs me contrôlaient assez souvent mais j'étais libre, je faisais ce qui me plaisait. La première toile que j'ai faite je l'ai changée plusieurs fois, je repeignais dessus sans arrêt, puis je l'ai séparée en 4 parties, puis en 3, je les ai découpées j'en ai bržlé une. C'est après cette toile que j'ai commencé à faire des toiles très libres, très colorées, assez violentes et avec beaucoup de personnages qui étaient souvent entrain de se battre ou de se faire des farces, je faisais de l'humour noir. Je faisais beaucoup de batailles car petit, je gribouillais sur les tables de l'école des graffiti sur les cahiers. Mes premières toiles étaient "Bataille de cow-boys contre indiens", "Japonais contre américains", "Bataille navale"...
J'ai toujours voulu faire quelque chose de complètement nouveau, j'ai toujours eu le besoin de me démarquer par rapport aux autres, je pense être un "dandy".
J'ai donc passé mon diplôme de peinture à Ste-Etienne devant un jury, dans ce jury il y avait Bernard Ceysson directeur du musée de Ste-Etienne, mon travail lui a beaucoup plu et il m'a proposé de participer à une exposition au musée "Après le Classicisme". Quand j'ai demandé pourquoi il me proposait cette exposition, il m'a répondu qu'en France il n'y avait encore personne qui faisait ce genre de peinture et que ma peinture se rapprochait beaucoup dans l'idée de la "Transavantgarde" italienne et des "Nouveaux Fauves" allemands, tout en ayant rien à voir avec eux. J'ai fait cette exposition, j'y ai rencontré Bruno Bischofberger, Daniel Templon et d'autres gens qui ont regardé avec intérêt mes toiles, ils m'ont acheté quelques pièces. Je suis donc monté à Paris habiter chez Di Rosa et Louis Jammes.
J'ai toujours pensé que mon travail devait marcher, je l'ai fermement défendu et c'est pourquoi ça a marché.
Moi, j'essaie vraiment de faire du nouveau, j'essaie de sortir de moi même et de ne pas m'occuper de la ressemblance avec quelqu'un. J'essaie dêtre le plus honnête possible, et dans l'art on pensait qu'il était impossible de faire quelque chose qu'on puisse pas expliquer. Aux Beaux Arts c'était comme ça, moi j'ai voulu prouver le contraire. J'étais bloqué depuis la maternelle, à 20 ans je me suis débloqué par un travail de masse, je suis arrivé au diplôme, j'avais rien d'intellectuel mais j'avais un travail énorme.
"Comment vous expliquer la figuration libre moi qui l'ai inventée? Je citerai un auteur qui n'est pas encore connu, un des rares écrivains "figuratif libre": Michel ZOOM. "La scène: 2 hommes se rencontrent, l'un des deux dit à l'autre: - j'ai attrapé la maladie de l'oeuf, l'autre lui répond tout étonné: - tiens donc, qu'est-ce donc? le premier de lui rétorquer: -rien; j'ai envie d'être malade!." Voici un texte figuration libre, une influence de blagues, d'argot, de poésie pour Michel ZOOM. Pour moi une toile peut être influencée par des publicistes na•fs Africains, par l'illustration de livres d'école primaire, mélangée à PICASSO ou à MIRO ou alors, un dessin genre BD, plus des fausses écritures arabes, plus une peinture brute, très DUBUFFET ou COBRA. La figuration libre est une peinture qui ne renie pas ses instincts primitifs et une volonté de culture.
Comme Jules vernes, sans sortir de chez moi, je suis allé à Tombouctou."
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Au départ ma peinture devait s'appeler "peinture fun"*. Ca m'emmerdait parce que c'est un mot anglais. J'avais donné aucun nom à ma peinture puisque j'étais le seul à la faire, mais aux Beaux-Arts, je l'avais appelée" la peinture fun", la peinture amusante et gaie. Je l'appelle encore la peinture "amusante et décontractée", ce qui veut dire la même chose. À l'exposition "Finir en beauté" à Paris, Bernard Lamarche-Vadel pensait qu'il fallait que nous soyons un groupe, que nous serions plus forts, c'était surtout pour faire conna”tre les autres artistes car moi ça marchait déjà pas mal et on ne connaissait pas le milieu de l'art. C'est l'artiste Ben qui a trouvé le mot et tout le monde était bien content de se servir du mot "Figuration Libre" comme un peu un sponsor publicitaire.
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La Figuration Libre, c'est faire ce qu'on veut le plus possible, le plus personnellement, le plus librement.
La Figuration Libre, c'est s'amuser, c'est être décontracté, en anglais on appelle ça "avoir le fun", un terme de la musique pop.
La Figuration Libre ce n'est pas "moi je dessine bien", "moi je sais faire ça mieux que les autres".
La Figuration Libre c'est se servir de toutes les recettes sans complexe pour améliorer son travail quand il est incorrect.
La Figuration Libre c'est mettre de la couleur sur son dessin mal fait, c'est cacher avec du noir les imperfections d'une peinture et de la sorte faire jaillir les couleurs en entourant toutes les formes.
La Figuration Libre c'est quand je fais une bande dessinée avec un héros rigolo et que le lendemain matin je laisse tout tomber pour faire une grande toile sur la bataille de Waterloo".
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"Je ne suis pas Hergé, ni Andy Warhol ni comme presque tous les grands peintres qui restent souvent prisonniers d'une forme de peinture d'un ordre établi, qui ne changent que tous les 6 ans ou certains même qui ne changent pas de toute leur vie. La vie c'est de changer, on change de voiture, on change de femme, on change de chaussettes, on change de slip. Alors on doit changer souvent de peinture, de dessin, d'idée, un jour appliqué, le lendemain indiscipliné, du bien fait, du mal fait, du soi même. On peut prendre le café dans le jardin avec son voisin mais pas sa femme et tout son destin.
Ma peinture c'est du rock, la recherche du Feeling. Le Feeling c'est le rythme, c'est le batteur fou dans la jungle et les danses vaudou, c'est les Rolling Stones copiant les vieux morceaux des noirs, des blues-men et sans le vouloir créant une musique nouvelle. Moi, c'est un peu comme ça pour la peinture, avoir le rythme (feeling) des écritures et des peintures publicitaires chinoises, arabes, méditérranéennes.
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Le Dadaisme, l'Art Brut, l'Art Nègre, celui des peintres publicistes na•fs d'Ha•ti, d'Afrique, d'Amérique du Sud, de Jama•que, l'Art na•f, l'Art pauvre, le Rock and roll, la Rock Culture, l'Art des Inadaptés (mongoliens), Picasso, l'Expressionnisme, l'Impressionnisme, la B.D. On mélange tout et on trouve Combas, figuratif parce que je vis dans un monde de réalités. Je trouve par contre que le message de mes peintures est complètement abstrait, c'est un mélange d'images, de couleurs, de fausses écritures asiatiques, arabes, sud-américaines, une peinture qui est un essai vers un langage universel.
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Des fois, je passe la couleur d'abord et le noir ensuite, d'autres fois c'est le contraire. Des fois je pars de rien du tout sans savoir où je vais, d'autres fois d'une petite idée. Quand je vais agrandir à partir d'un dessin, je fais de suite sans carreaux, il s'agrandit tout seul. J'utilise des collages de récupération, mais ça, ça rentre dans la composition. Pour les couleurs maintenant j'ai le choix, mais mes premières toiles je les ai faites avec les couleurs disponibles aux Beaux Arts.
J'ai pas de règles, c'est suivant, je me suis laissé avoir par le noir, quand je passe le noir maintenant c'est très dessiné. Le texte qui accompagne la toile, je le fais après. Au début, j'avais des formes plus pures, plus simples et puis c'est devenu plein de détails après. Mais c'est suivant, j'ai fait des pastels plus petits et des dessous très fous, c'est baroque, y 'a des chevaliers, des rois en triangle moyenâgeux. L'acrylique a été inventé pour rendre l'effet aquarelle en grand format, l'acrylique il faut s'en servir rapidement. J'ai fait aussi des trucs géométriques et je mets le noir par dessus. Si on veut travailler vraiment, faut s'enfermer, c'est malheureux mais c'est vrai.
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Ma liberté s'exprime dans la mulitiplicité des sujets abordés: les sujets classiques comme les portraits, les scènes de batailles, les bestiaires, les paysages ou décors et les autres appelés "les scènes de genre". Pour moi, tout est déclencheur d'imaginaire: une femme, un sujet historique ou d'actualité, un décor, un animal ou une scène "inclassifiable" jaillie de mon inconscient
Il y a des toiles où j'improvise sans sujet au préalable, d'autres où je réalise une idée que j'ai déjà. Je peux aussi commencer une toile avec un sujet et emporté par ma main je pars ailleurs.
J'ai fait beaucoup d'expositions "à thème". Au départ, c'est mon galeriste Yvon Lambert qui m'a suggéré des sujets et cela me plaisait d'explorer des thèmes plus en profondeur tels que:"le bestiaire", "les toiles du Louvre", "les portraits de l'art", "La guerre de Troie", "les saints". Par ailleurs, j'ai fait une exposition à Albi en hommage à Toulouse-Lautrec et sur Brassens dans ma ville à Sète, une exposition sur la Musique à Paris à la Fondation Coprim.
