{"id":526,"date":"2013-07-04T09:09:26","date_gmt":"2013-07-04T08:09:26","guid":{"rendered":"http:\/\/www.combas.com\/oeuvres\/?p=526"},"modified":"2014-11-30T15:08:07","modified_gmt":"2014-11-30T14:08:07","slug":"test","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.combas.com\/oeuvres\/test\/","title":{"rendered":"Test"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_184\" style=\"width: 160px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-184\" loading=\"lazy\" class=\"size-thumbnail wp-image-184\" alt=\"L\u2019enrouleur et l'enroul\u00e9-146x114cm, 1989\" src=\"http:\/\/www.combas.com\/wp-content\/uploads\/2013\/06\/1989_L\u2019ENROULEUR-ET-L\u2019ENROUL\u00c9_146x114-150x150.jpg\" width=\"150\" height=\"150\" \/><p id=\"caption-attachment-184\" class=\"wp-caption-text\">L\u2019enrouleur et l&rsquo;enroul\u00e9-146x114cm, 1989<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: left\" align=\"center\">Au fil des mois, et au fur et \u00e0 mesure que circulait la nouvelle d\u2019une prochaine r\u00e9trospective de Robert Combas au mus\u00e9e d\u2019Art contemporain de Lyon, perspective suscitant chez les collectionneurs de ses oeuvres un enthousiasme propagatoire, les tableaux ont commenc\u00e9 \u00e0 tomber en une pluie drue et ininterrompue.<\/p>\n<p>Des oeuvres que l\u2019on croyait disparues \u00e0 jamais resurgissaient chez tel particulier ou dans les r\u00e9serves d\u2019un mus\u00e9e \u00e9tranger. Parall\u00e8lement, nous en exhumions d\u2019autres de l\u2019atelier, embl\u00e9matiques ou au contraire jamais expos\u00e9es. \u00c0 chaque fois, nous constations que les tableaux de jeunesse n\u2019avaient rien perdu de leur fra\u00eecheur ni de leur force d\u2019impact, et que les plus r\u00e9cents ne leur c\u00e9daient en rien sur ce terrain. Ce patient et fructueux travail de r\u00e9colte fut des plus stimulants pour l\u2019\u00e9laboration de cette exposition.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">La confrontation d\u2019oeuvres dat\u00e9es de diverses \u00e9poques a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 la grande coh\u00e9rence d\u2019un parcours singulier. Non pas que Combas peigne identiquement ni n\u2019aborde un sujet de la m\u00eame mani\u00e8re entre le d\u00e9but de sa carri\u00e8re et aujourd\u2019hui. Une approche rapide permettrait par exemple de saisir combien l\u2019artiste, de ses premi\u00e8res batailles de la fin des ann\u00e9es 1970 \u00e0 la chute des anges de l\u2019exposition \u00ab Sans filet, les Goulamas sont dans le trou\u00bb en 2010, a progressivement conquis la troisi\u00e8me dimension. Comment le traitement des sujets s\u2019est au fil des ans sophistiqu\u00e9 \u00e0 travers la lecture puis la mise en image de textes, par exemple <i>Le Paradis perdu <\/i>de John Milton, et, plus largement, de quelle mani\u00e8re sa peinture n\u2019a cess\u00e9 de se r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer formellement en s\u2019appuyant sur d\u2019autres oeuvres : par la r\u00e9interpr\u00e9tation de chefs-d\u2019oeuvre de l\u2019histoire de l\u2019art ou la transformation de dessins acad\u00e9miques, de photographies. On s\u2019apercevrait aussi que l\u2019art de Combas s\u2019est extraordinairement complexifi\u00e9, pour confiner dans certaines s\u00e9ries \u00e0 une forme d\u2019orf\u00e8vrerie picturale \u2013 je songe tout particuli\u00e8rement aux magnifiques tableaux r\u00e9alis\u00e9s en 2010 autour du texte po\u00e9tique d\u2019Aloysius Bertrand, <i>Gaspard de la nuit<\/i>, mis en musique par Maurice Ravel. \u00c0 l\u2019inverse, sa peinture s\u2019est parfois magistralement all\u00e9g\u00e9e et simplifi\u00e9e, notamment dans la prolifique s\u00e9rie des <i>Tatouages<\/i> <i>acad\u00e9miques<\/i>. Mais au-del\u00e0 des \u00e9volutions formelles et th\u00e9matiques, appara\u00eet en pleine lumi\u00e8re la permanence d\u2019une approche extr\u00eamement personnelle de la peinture, v\u00e9cue comme une aventure noble dans laquelle on se jette \u00e0 corps perdu.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">On ne sait plus trop aujourd\u2019hui ce qu\u2019est la peinture et, d\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, l\u2019art. En r\u00e9duisant l\u2019exp\u00e9rience et l\u2019\u00e9valuation esth\u00e9tiques aux r\u00e9sultats faramineux des ventes aux ench\u00e8res new-yorkaises et aux tocades de quelques m\u00e9gacollectionneurs, notre temps n\u2019aide pas en cela. La peinture, \u00e7a ne consiste pas seulement \u00e0 presser des tubes de couleurs et \u00e0 assembler ces derni\u00e8res en un certain ordre pour en recouvrir une surface plane. Cela est \u00e0 la port\u00e9e de tout le monde ou presque. Non, la peinture, c\u2019est autre chose. Cela a un prix. C\u2019est aussi donner une forme \u00e0 ses visions int\u00e9rieures parce qu\u2019on ne peut faire autrement, parce qu\u2019on ne sait rien faire d\u2019autre, et ce pour cr\u00e9er des images que l\u2019on n\u2019a jamais vues. C\u2019est y injecter sa vie le plus honn\u00eatement qui soit, sans faire de concessions \u00e0 l\u2019\u00e9poque, sans tricher, sans cynisme, sans rien dissimuler de ce que l\u2019on fait de cette vie, sinon transform\u00e9 par le masque de la m\u00e9taphore, de la fable et de l\u2019humour, lesquels amortissent plus ou moins la violence du v\u00e9cu et conf\u00e8rent \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience individuelle une dimension universelle, voire mythique, gr\u00e2ce \u00e0 une savante entreprise de distanciation. En d\u2019autres termes, c\u2019est la vie de l\u2019artiste qui sort du tube.<\/p>\n<div id=\"attachment_188\" style=\"width: 160px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/www.combas.com\/wp-content\/uploads\/2013\/06\/PHENIX210x230.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-188\" loading=\"lazy\" class=\"size-thumbnail wp-image-188\" alt=\"Le Phenix, 1994 477 x 425 cm \u00a9Robert Combas\" src=\"http:\/\/www.combas.com\/wp-content\/uploads\/2013\/06\/PHENIX210x230-150x150.jpg\" width=\"150\" height=\"150\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-188\" class=\"wp-caption-text\">Le Phenix, 1994<br \/>477 x 425 cm<br \/>\u00a9Robert Combas<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: left\">Ce qui frappe lorsqu\u2019on rencontre Robert Combas pour la premi\u00e8re fois, c\u2019est l\u2019ampleur du personnage, la largeur du spectre qu\u2019il occupe. Sa dimension h\u00e9ro\u00efque. Mais aussi sa fragilit\u00e9, nourrie par une sensibilit\u00e9 \u00e0 fleur de peau. Combas a v\u00e9cu mille vies. Sa biographie, marqu\u00e9e par les ruptures et les nouveaux d\u00e9parts de toutes sortes (avec des femmes, avec des galeristes\u2026), adopte une trajectoire en dents de scie. Elle est vertigineuse, alternant les hauts et les bas, les sommets de visibilit\u00e9 comme les creux de vague, sans jamais toutefois se d\u00e9partir d\u2019une intense cr\u00e9ativit\u00e9. On croise dans son oeuvre plusieurs autoportraits figurant des chutes sans fin, de celles, subites et angoissantes, que l\u2019on \u00e9prouve parfois lorsque le sommeil nous surprend. Mais on rencontre aussi des corps qui ressuscitent, de prodigieuses \u00e9l\u00e9vations et, surtout, des moments de gr\u00e2ce. Encore une fois, l\u2019art v\u00e9ritable, qui somme toute est une chose tr\u00e8s rare, a un prix, une part obscure. On ne fait pas d\u2019omelette sans casser des oeufs. Qu\u2019aurait \u00e9t\u00e9 la peinture du Caravage si sa vie e\u00fbt \u00e9t\u00e9 moins dissolue ? Marianne Faithfull et les Rolling Stones auraient-ils \u00e9crit <i>Sister Morphine <\/i>sans la prise de substances opiac\u00e9es ? Le \u00abmur de son\u00bb aurait-il vu le jour sans la folie du producteur Phil Spector ? La vie des cr\u00e9ateurs se grave dans leurs \u0153uvres comme la musique dans les microsillons d\u2019un trente-trois tours, car tout ce qui la constitue \u2013 en bien ou en mal \u2013 est susceptible de nourrir la cr\u00e9ation.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Notre \u00e9poque est en demande d\u2019oeuvres pour remplir les mus\u00e9es et les centres d\u2019art, mais fondamentalement, elle ne veut pas d\u2019artistes, ou alors sous la forme de chefs d\u2019entreprise proprets ass\u00e9nant une vision d\u00e9sincarn\u00e9e, aseptis\u00e9e et souvent tr\u00e8s impersonnelle du monde. Or, l\u2019art n\u2019est pas cens\u00e9 \u00eatre <i>clean<\/i>, il r\u00e9sulte d\u2019un arrachement plus ou moins douloureux. Couper l\u2019art de sa dimension h\u00e9ro\u00efque, c\u2019est le d\u00e9shumaniser, c\u2019est le tuer \u00e0 petit feu. Le h\u00e9ros est justement celui qui a pleinement conscience de son humanit\u00e9 (c\u2019est-\u00e0-dire de ses failles), conscience qui lui permet de repousser ses limites par la catharsis de l\u2019art et de s\u2019\u00e9lever ainsi au-dessus du commun des mortels. Or, l\u2019art de Robert Combas est \u00e9minemment humain dans ses manifestations et ses vis\u00e9es. \u00ab Je cherche le magique dans l\u2019humain\u00bb, affirme l\u2019artiste.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">L\u2019oeuvre est colossal en raison de son nombre et des multiples directions explor\u00e9es. Trente-cinq ans de peinture, mais pas seulement : le corpus combassien comprend aussi des sculptures (parfois monumentales), des photographies repeintes, des gravures r\u00e9alis\u00e9es selon des techniques diverses, des meubles orn\u00e9s de graphismes prolif\u00e9rants, des dessins remani\u00e9s, des vitraux\u2026, soit ce que l\u2019artiste regroupe sous l\u2019appellation de \u00ab Satellites \u00bb. La structure de ce corpus est en effet atomique, ou galactique, au choix. Autour du noyau central de la peinture, que l\u2019artiste nomme le \u00ab style classique Combas \u00bb, lequel \u00e9volue consid\u00e9rablement au fil du temps, gravite une myriade de pratiques qui se nourrissent, se phagocytent les unes les autres, suscitant de nombreuses r\u00e9actions en cha\u00eene, et contaminent en retour les tableaux. Ajoutez \u00e0 cela que ces diverses pratiques, si leur apparition peut \u00eatre pr\u00e9cis\u00e9ment dat\u00e9e, adoptent des trajectoires parall\u00e8les, s\u2019interrompant n\u00e9anmoins par moment pour resurgir des ann\u00e9es plus tard, r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9es par la d\u00e9couverte de nouvelles techniques. Un coup d\u2019oeil sur l\u2019atelier de Robert Combas et les oeuvres en cours qui y sont accroch\u00e9es suffit pour s\u2019en convaincre : la concomitance des s\u00e9ries est la condition pour qu\u2019\u00e9merge la nouveaut\u00e9 formelle. Les oeuvres s\u2019engendrent les unes les autres, comme une id\u00e9e en am\u00e8ne une autre lors d\u2019une conversation avec l\u2019artiste : les analogies digressives nous entra\u00eenent parfois tr\u00e8s loin de la destination initiale, le temps devient \u00e9lastique, on croit s\u2019\u00eatre perdu pour s\u2019apercevoir que l\u2019on a finalement re\u00e7u la r\u00e9ponse \u00e0 la question que l\u2019on avait pos\u00e9e. Y parvenir n\u00e9cessitait de nombreux d\u00e9tours, haltes et repentirs. Chez Combas, la ligne droite n\u2019existe pas ; d\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, la g\u00e9om\u00e9trie est quasi absente, tout juste pervertie par quelques personnages Triangles au d\u00e9but de sa carri\u00e8re, figures \u00e9nerv\u00e9es qui ont tout de sympathiques diablotins d\u00e9prav\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Cet oeuvre, \u00e0 aucun moment, ne se laisse \u00e9trangler par des r\u00e8gles. Souvenezvous : Figuration libre. Combas a song\u00e9 un temps \u00e0 intituler sa pratique \u00abpeinture <i>fun<\/i>\u00bb. C\u2019est l\u2019artiste Benjamin Vautier (<i>alias <\/i>Ben) qui, au tout d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, baptise cette nouvelle forme de figuration n\u00e9e d\u2019abord des crayons et des pinceaux de Robert Combas et d\u2019Herv\u00e9 Di Rosa, rejoints ensuite par Fran\u00e7ois Boisrond et R\u00e9mi Blanchard. \u00abLes r\u00e8gles de la Figuration libre, les voici, r\u00e9sume Combas : c\u2019est faire ce qu\u2019on veut le plus possible, le plus personnellement, le plus librement. [\u2026] La Figuration libre, c\u2019est se servir de toutes les recettes sans complexe pour am\u00e9liorer son travail quand il est incorrect. [\u2026] La Figuration libre, c\u2019est quand je fais une bande dessin\u00e9e avec un h\u00e9ros rigolo et que le lendemain matin je laisse tout tomber pour faire une grande toile sur la bataille de Waterloo. Je ne suis pas Herg\u00e9, ni Andy Warhol, ni comme presque tous les grands peintres qui restent souvent prisonniers d\u2019une forme de peinture, d\u2019un ordre \u00e9tabli, qui ne changent que tous les six ans, ou certains m\u00eame qui ne changent pas de toute leur vie. La vie, c\u2019est de changer. On change de voiture, on change de femme, on change de chaussettes, on change de slip.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Alors, on doit changer souvent de peinture, de dessin, d\u2019id\u00e9e. Un jour appliqu\u00e9, le lendemain indisciplin\u00e9. Du bien fait, du mal fait, mais du soi-m\u00eame.\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Le ma\u00eetre mot de l\u2019oeuvre de Robert Combas, c\u2019est donc la libert\u00e9, laquelle se manifeste clairement dans la vari\u00e9t\u00e9 et la licence des th\u00e8mes abord\u00e9s. J\u2019ai beau chercher, je ne connais pas d\u2019autre oeuvre o\u00f9 les puissances de l\u2019imagination jouent une partition aussi d\u00e9brid\u00e9e \u2013 le seul \u00e9quivalent, dans une veine sur &#8211; r\u00e9aliste finalement tr\u00e8s \u00e9trang\u00e8re \u00e0 l\u2019univers de Combas, pourrait \u00eatre Salvador Dal\u00ed. Avez-vous d\u00e9j\u00e0 vu une femme chevaline flirter avec une marguerite anthropomorphe ? Des paires de jambes f\u00e9minines jaillissant d\u2019un pot de fleurs, renvers\u00e9es et tendues vers le ciel comme des tournesols cherchant le soleil ?<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Et la guerre de Troie, vous l\u2019a-t-on d\u00e9j\u00e0 narr\u00e9e ainsi en peinture, en format quasi cin\u00e9matographique, dans une composition r\u00e9sonnant pleinement du cliquetis des armes et du cr\u00e9pitement des flammes qui d\u00e9vorent la ville, avec tout de m\u00eame le sentiment que cette d\u00e9bauche d\u2019h\u00e9moglobine masque un grand rire ? Chaque tableau raconte une histoire, celle d\u2019individus pi\u00e9g\u00e9s par leurs exc\u00e8s \u2013 de substances, de boisson, d\u2019amour, de tristesse et de haine \u2013, de personnages et d\u2019animaux lubriques ne dissimulant rien du d\u00e9sir turgescent qui les consume. Chaque oeuvre est un monde en soi ouvrant sur une dimension parall\u00e8le, un reflet amplifi\u00e9 du monde r\u00e9el vu par l\u2019artiste. L\u2019oeuvre de Robert Combas se d\u00e9veloppe sous la forme d\u2019une complexe arborescence, chaotique au premier abord, mais o\u00f9 chaque \u00e9l\u00e9ment trouve myst\u00e9rieusement sa place.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">D\u00e8s lors, et puisqu\u2019il faut bien organiser une exposition, comment pr\u00e9senter cet oeuvre rhizomatique sans fossiliser sa vitaliste \u00e9nergie par l\u2019exercice r\u00e9trospectif ?<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">En d\u2019autres termes, o\u00f9 d\u00e9buter, et par quel bout l\u2019attraper? \u00abOn commence par le d\u00e9but et on finit par la fin \u00bb, nous dit l\u2019artiste. D\u2019accord, mais entre l\u2019alpha et l\u2019om\u00e9ga, on fait quoi, exactement ? \u00abOn improvise, comme parfois en musique. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Cette exposition est bien plus qu\u2019une r\u00e9trospective. Nous inaugurons ici un nouveau format, plus vivant dans ses manifestations, que l\u2019on pourrait intituler \u00ab r\u00e9trospect<i>live <\/i>\u00bb, d\u2019autant qu\u2019il y est fortement question de musique. L\u2019artiste prend en effet possession du mus\u00e9e, dont il investit le moindre recoin. Il y installe son atelier pour une dur\u00e9e de deux mois. Sous le regard des visiteurs, il y peint de nouvelles oeuvres, il y vit, il y re\u00e7oit ses rendez-vous. Il y organise les r\u00e9p\u00e9titions de son groupe de rock, Les Sans Pattes (fond\u00e9 avec Lucas Mancione). Il y donne des concerts et des soir\u00e9es (rencontres, d\u00e9bats\u2026) de mani\u00e8re r\u00e9guli\u00e8re. Cela au sein m\u00eame de cette exposition qui a tout d\u2019une r\u00e9trospective quotidiennement mise \u00e0 jour.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Convaincus que la forme ne peut \u00eatre s\u00e9par\u00e9e du fond, et donc l\u2019artiste de son oeuvre, nous avons opt\u00e9 pour un parcours \u00e0 la fois chronologique, biographique et surtout th\u00e9matique, en soulignant n\u00e9anmoins les avanc\u00e9es formelles et techniques. Un grand nombre de th\u00e8mes r\u00e9currents structurent en effet la carri\u00e8re de Combas : les batailles, les femmes, la religion, le mysticisme, la musique\u2026 Dans cette exposition et ce catalogue, chacun fait ainsi l\u2019objet d\u2019une section qui lui est propre, confrontant des tableaux d\u2019\u00e9poques diverses et consacr\u00e9s \u00e0 un sujet similaire, afin de prendre la mesure de ces variations sur un m\u00eame th\u00e8me.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Conform\u00e9ment au souhait de l\u2019artiste, donc, \u00ab on commence par le d\u00e9but et on finit par la fin \u00bb. Entre ces deux p\u00f4les, nous tenterons d\u2019en raconter le maximum, tout en sachant pertinemment que nous ne pourrons jamais tout dire ni tout montrer. Le d\u00e9but, c\u2019est la passion d\u2019un adolescent s\u00e9tois pour le rock au milieu des ann\u00e9es 1970, et la formation d\u2019un groupe, Les D\u00e9mod\u00e9s, avec Ketty et Richard Di Rosa, au moment m\u00eame o\u00f9 l\u2019artiste entreprend ses \u00e9tudes \u00e0 l\u2019\u00e9cole des beaux-arts de Montpellier. Il faut en effet saisir que la musique ne constitue pas une activit\u00e9 annexe : elle fonde v\u00e9ritablement le rapport \u00e0 la peinture, et ce, d\u00e8s l\u2019origine. La fin, c\u2019est la musique que l\u2019artiste joue aujourd\u2019hui avec Les Sans Pattes et qu\u2019il met en sc\u00e8ne dans des films \u00e9tonnants. La musique est un commencement et un ach\u00e8vement qui est un nouveau d\u00e9part. La boucle est boucl\u00e9e. Des ann\u00e9es punk \u00e0 l\u2019hiver 2012, des D\u00e9mod\u00e9s aux Sans Pattes, avec tout de m\u00eame quelques tableaux au milieu, cette exposition raconte l\u2019histoire d\u2019un serpent qui se mord la queue.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Richard Leydier texte in Cat. Greatest Hits &#8211; Mac Lyon &#8211; Ed Somogy, 2012<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au fil des mois, et au fur et \u00e0 mesure que circulait la nouvelle d\u2019une prochaine r\u00e9trospective [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"spay_email":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_is_tweetstorm":false},"categories":[1],"tags":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/s3jJff-test","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.combas.com\/oeuvres\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/526"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.combas.com\/oeuvres\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.combas.com\/oeuvres\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.combas.com\/oeuvres\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.combas.com\/oeuvres\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=526"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.combas.com\/oeuvres\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/526\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":563,"href":"https:\/\/www.combas.com\/oeuvres\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/526\/revisions\/563"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.combas.com\/oeuvres\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=526"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.combas.com\/oeuvres\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=526"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.combas.com\/oeuvres\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=526"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}